Chiune Sugihara, le sauveur de Juifs, dont on ne trouve presque jamais trace dans les livres d'histoire - Curioctopus.fr
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Chiune Sugihara, le sauveur de Juifs, dont on ne trouve presque jamais trace dans les livres d'histoire

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Dans le panorama des événements ignobles qui ont caractérisé l'Holocauste, l'histoire nous a fourni des témoignages d'actions héroïques de personnes qui ont eu le courage d'aller contre-courant. L'exemple le plus connu est peut-être Oscar Schindler, l'homme d'affaires rendu célèbre par le film de Steven Spielberg en 1993.

Mais il y a aussi un "Schindler" japonais qui, inexplicablement, apparaît encore rarement dans les récits historiques concernant cette période. Chiune Sugihara, c'est son nom, travaillait en 1940 au consulat du Japon en Lituanie, à Kaunas, une ville qui abritait une communauté juive importante et florissante d'environ 30.000 personnes. Quand les choses ont commencé à mal tourner entre 1939 et 1940, le diplomate a décidé d'intervenir.

image: Wikipedia

Le premier effet de l'augmentation de la violence a été l'arrivée de centaines de réfugiés juifs fuyant la Pologne : les histoires de destruction et de massacre qu'ils racontaient illustraient la gravité de la situation.

Après l'annexion de la Lituanie par l'Union soviétique, la communauté juive de Kaunas est restée piégée : d'une part, elle était pressée par l'avancée des nazis, d'autre part, elle ne pouvait se rendre dans les territoires orientaux sans un visa pour voyager. De nombreux réfugiés avaient l'intention d'arriver dans les îles néerlandaises des Caraïbes, Curaçao et Guyane, mais un visa de transit pour l'Asie orientale était nécessaire.

C'est à ce moment-là que Sugihara a vu une possibilité d'apporter sa contribution en mettant à profit sa position : son idée était de fournir aux réfugiés des visas pour le Japon, ce qui leur permettrait de traverser l'Union soviétique pour ensuite atteindre les Caraïbes.

Lorsque tous les diplomates ont reçu l'ordre de quitter la ville, Sugihara a demandé aux supérieurs de rester en service et leur a expliqué le plan. Cependant, leur réponse n'a pas été positive : n'ayant pas la garantie que les Juifs continueraient effectivement leur voyage du Japon vers les Caraïbes, ils ont refusé d'accorder les droits de transit. Ses plaidoyers et ses explications sur la gravité réelle de la situation auront été vains.

Sugihara était donc confronté à un dilemme : devait-il respecter les ordres de ses supérieurs comme tout bon citoyen japonais, ou devait-il écouter son cœur et celui des dizaines de Juifs désespérés qui suppliaient quotidiennement de l'aide sous le consulat ?

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Son cœur a pris le dessus : avec l'aide de sa femme Yukiko, Sugihara a commencé à délivrer des visas de transit à une vitesse presque impossible pendant l'été 1940. Ils produisaient des documents à raison de 300 par jour - une quantité qui aurait pris normalement un mois à produire ; il travaillait nuit et jour, s'arrêtant à peine pour dormir ou manger.

Lorsque le diplomate fut contraint de partir le 1er septembre 1940, il continua à signer et à délivrer des visas en attendant le train sur le quai. Il semble même avoir laissé le cachet consulaire à l'un des Juifs qui étaient à la gare, en lui disant de falsifier d'autres visas pour le salut, si nécessaire.

Environ un an après son départ, les nazis prirent Kahunas, déportant tous les Juifs qui n'avaient pu s'échapper jusque-là.

Nous ne savons pas exactement combien de vies Sugihara et sa femme ont sauvé, mais on estime qu'ils ont délivré environ 6 000 visas, dont beaucoup pour des familles entières (le nombre de personnes sauvées pourrait donc être beaucoup plus élevé).

Sugihara a évidemment payé un prix élevé pour son "insubordination" : emprisonné avec sa femme en Roumanie, il a ensuite été renvoyé au gouvernement japonais ; il a été privé de titres et de ses charges, et forcé à un style de vie très humble, loin du ténor auquel il était habitué comme diplomate. Ce n'est qu'en 1984 que son oeuvre a été officiellement reconnue par l'Etat d'Israël.

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Néanmoins, Sugihara n'a jamais regretté ce qu'il avait fait : la transgression des ordres reçus avait été un impératif moral et éthique, plus fort que toute obéissance, toute reconnaissance et toute richesse à laquelle un homme peut aspirer.

Tags: HistoireDossier
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